AUJOURD'HUI EMPRUNTER EST UNE AUBAINE

AUJOURD'HUI, emprunter est une aubaine !

Les prêts immobiliers coûtent si peu que les Français en profitent. Ils sont de plus en plus nombreaux à saisir l'occasion pour acheter un logement.

"Ne pas emprunter aujourd'hui est une erreur financière, affirme sans détour, Jean-François ROBIN, chez Natixis. Les particuliers qui s'endettent en ce moment ont de grandes chances de s'enrichir demain". Son raisonnement est simple : les taux des crédits immobiliers sont historiquement bas. Et un retour possible de l'inflation réduira la charge d'emprunt.

Fin août, les Français s'endettaient à 1,34 % (hors assurance) en moyenne sur 15 ans, 1,57 % sur 20 ans et 1,86 % sur 25 ans, selon Crédit Logement.

Depuis le printemps, de nouveaux records tombent tous les mois. Septembre ne devrait pas déroger à la règle. "A la rentrée, pratiquement toutes les banques ont abaissé leurs taux de 0,10 à 0,40 %", relève Maël BERNIER, porte-parole de Meilleurtaux. Résultat, avec 1.000 € de mensualité, il est possible d'emprunter 157.000 € sur 15 ans (taux de 1,2 % et 0,36 % d'assurance emprunteur) et 197.000 € sur 20 ans (taux de 1,4 %).

Les meilleurs clients, dotés de revenus confortables, d'épargne et souvent jeunes, décrochent des emprunts encore plus avantageux : 1 % sur 15 ans (hors assurance) et 1,2 % sur 20 ans, note Vousfinancer . com. "Nous commençons à avoir des crédits accordés avec des taux que nous n'imaginions pas il n'y a pas si longtemps", s'étonne presque Ludovic Huzieux, directeur associé chez Artémis Courtage. Ainsi, quelques jeunes couples à l'avenir professionnel très prometteur obtiennent du 1 % sur 20 ans. A l'image de ce médecin récemment installé et de sa conjointe infirmière qui ont emprunté 408.000 € sur 22 ans à 1 % (hors assurance).

Ces taux d'emprunt imbattables ne doivent pas faire oublier l'assurance-emprunteur, dont le poids relatif s'est sensiblement accru. Il représente désormais 32 % du coût global du prêt contre 25 % en 2015 et 18 % en 2014, selon Meilleur-taux. Or, deux après l'entrée en vigueur d ela Loi Hamon, la délégation d'assurance n'est toujours pas devenue un reflexe pour les emprunteurs. Environ 85 % d'entre eux continuent de souscrire l'assurance collective de la banque qui leur accorde le prêt. "Pour retenir les emprunteurs, les banques mettent souvent en avant que le contrat individuel proposé par l'assureur extérieur n'offre pas les mêmes garanties. Ce qui n'est pas toujours le cas", décrypte Philippe TABORET, directeur adjoint de Cafpi. Pourtant, les écarts de prix entre l'assurance de la banque et celle d'un concurrent vont parfois du simple au triple. C'est surtout vrai pour les jeunes ou les retraités de plus de 65 ans. " En revanche, pour les emprunteurs ayant entre 45 et 60 ans, l'assurance individuelle n'est pas toujours la plus intéressante. Surtout si la durée du prêt est longue", explique Ludovic HUZIEUX.

Sans surprise, de plus en plus de Français profitent de l'aubaine des taux bas. "La demande est très soutenue et 2016 s'annonce comme une année record, meilleure que 2015", avance Philippe TABORET. "Même si les renégociations de crédits sont de nouveau très importantes, les acquéreurs sont bien plus nombreux".

Il est vrai qu'aujourd'hui devenir propriétaire de sa résidence principale est souvent plus avantageux qu'être locataire. "La durée de détention moyenne pour rentabiliser l'acquisition d'un logement par rapport à la location a fortement diminué" remarque Maël BERNIER.

Les taux des crédits peuvent-ils encore baisser ? "Ceal paraît de plus en plus difficile. Mais les taux devraient rester très bas au moins jusqu'à la fin de l'année", prévoit Philippe TABORET.

La suite de l'histoire dépendra de l'évolution des taux d'intérêts et donc des politiques des banques centrales...

Danièle GUINOT (Le FIGARO MAGAZINE - 23 septembre 2016)